Réflexions. Le dessin de presse et ses premiers états généraux

Publié mardi, 02 octobre 2018 ‐ L'Humanité

Àquoi sert le dessin de presse ? De quoi est-il l’emblème ? Pourquoi tant d’incompréhensions à son sujet ? Et, surtout, comment fédérer autour de cette pratique, qui est une autre lecture de l’actualité, plus incisive, plus directe qu’un article ? Autant de questions que vont se poser, demain, les premiers états généraux du dessin de presse, réunis à l’Unesco. Des dessinateurs, mais aussi des acteurs qui évoluent autour, vont se retrouver, l’espace d’une journée, pour réfléchir à l’avenir de cette pratique, partout dans le monde. 90 intervenants, de 27 pays, sont ainsi programmés autour de deux tables rondes. Leur but : sortir avec des recommandations. Et remettre, durant au moins trois ans, mais dans l’idéal jusqu’en 2030, le dossier sur la table, pour en suivre les évolutions.
«Les dessinateurs sont un peu les derniers maillons d’une chaîne qui est la presse »
L’idée est née l’an dernier au Salon international de la caricature, du dessin de presse et d’humour de Saint-Just-le-Martel. Et les recommandations issues de ces états généraux seront justement données, en clôture de ce festival, le 7 octobre, avant qu’une version définitive soit donnée à tous les participants d’ici au 3 mai 2019, veille de la journée internationale de la liberté de la presse. C’est d’ailleurs sous l’égide de cette fameuse liberté qu’a commencé cette aventure, lorsque le représentant de l’ambassade de Suisse à l’Unesco a demandé la réalisation d’une exposition, « la Presse en liberté », qui a rassemblé près de 380 dessins sur quatre cents ans. Les organisateurs, Nicolas Jacquette et Jérôme Liniger, n’ont pas voulu en rester à cette exposition : ils ont organisé à leur tour une conférence, sur les enjeux du dessin de presse et son avenir, en mars 2017. Cette fois, ils visent encore plus haut : « Réfléchir avec les acteurs à l’outil social positif que peut être le dessin de presse », explique Nicolas Jacquette. En prenant pour objectif, non pas la liberté de la presse, « puisque sur les 180 pays membres de l’Unesco, beaucoup n’ont pas cette culture », mais en s’appuyant sur un certain nombre des dix-sept objectifs de développement durable émis par l’Unesco. Le travail de mercredi, réparti en deux tables rondes, où 28 intervenants sont prévus : le dessin de presse comme outil vecteur de paix et de justice, pour aider à l’efficacité des institutions et outils de promotion de l’égalité, présenté par le journaliste américain Terry Anderson, le matin. L’après-midi, ce sera au tour des acteurs de terrain de parler de leurs expériences autour du dessin de presse : des dessinateurs, mais aussi les membres de près de quarante ONG, des fondations, des représentants de mairies, de bibliothèques, de musées seront ainsi présents. Histoire d’être aussi dans le concret…
Pour Chloé Verlhac, l’épouse du dessinateur Tignous, mort dans l’attentat du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo, cette initiative est aussi consécutive à l’attentat du 7 janvier 2015. « Cette initiative se tient à l’Unesco, parce qu’on voulait donner une dimension internationale à cet événement », explique-t-elle. « Je fais beaucoup de débats et de conférences, où l’on s’écoute beaucoup parler, sans qu’il en ressorte grand-chose. Les expositions sont un peu figées, regrette-t-elle. Et les dessinateurs sont un peu les derniers maillons d’une chaîne qui est la presse. Sans presse, pas de dessinateurs de presse. Donc des questions se posent : qui fait la presse aujourd’hui ? Qui sont les intellectuels et les décideurs qui soutiennent la presse et les dessinateurs de presse ? ». La date des prochains états géneraux est déjà fixée. Ils auront lieu le 2 septembre 2019.

Tag: #Actu #CultureEtSavoirs #DessinDePresse

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