EN DIRECT - «Travailler avec un voisin pareil, c'est l'enfer !» : vos vies confinées au temps du coronavirus

Publié mardi, 24 mars 2020 ‐ Le Figaro

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Hugo Marchand, danseur étoile de l'Opéra de
Paris, a dû se mettre au cours de danse virtuel. Depuis le début du
confinement, chaque jour à 11h00, lui et sept de ses collègues sont en
visioconférence avec l'ancienne danseuse étoile et coach à l'Opéra Florence
Clerc pour «une barre collective». Car «on a tous la même angoisse, celle
de dépérir physiquement»
, commente-t-il auprès de l’AFP. 
«On exécute les
exercices qu'elle nous montre accrochés à un bout de canapé ou de commode; on "entend" l'énergie des autres, tout le monde se parle et ça rigole un peu, ça fait du
bien»
, poursuit-il. Mais la «télédance» a ses
limites: «Pas de sauts, pas de pirouettes car sur le carrelage ou le parquet
dans un petit appartement, c'est juste impossible»
, en raison du risque de
blessures.«Strictement rien n’a changé, si ce n’est
qu’on a une feuille pour circuler. Il y a peut-être moins de professionnels à
livrer mais plus de particuliers
», raconte à StreetPress Antoine, chauffeur-livreur
depuis un mois. Il travaille pour un sous-traitant de «grosses entreprises». Tous les matins, il se rend chez son
employeur pour récupérer son camion. «On
va ensuite chercher les colis de tout ceux qu’on livre : Amazon,
Cdiscount… 
», liste cet homme de 29 ans habitant près d’Albi. Il approvisionne
aussi les grandes enseignes de magasins et «tout
ce qui est pharmacie, opticien…
».
S’il n’est «pas réellement» inquiet face au
coronavirus, parce qu’il ne se considère pas «à risque», il pense avoir «de fortes chances d’être infecté».
Mais comme il est salarié, il n’a pas le choix : «Tant qu’on n’est
pas au chômage technique, on est obligé de continuer
». «J’ai l’impression qu’on nous envoie au
charbon pour livrer des télés ou autres. Rien d’essentiel. J’ai l’impression
d’être moins important que l’économie du pays
».«En temps
normal, tout est bien huilé. Il y a parfois des pépins qui retardent l’approvisionnement
mais ça se rééquilibre très rapidement. Là, nous avons complètement été
dépassés. C’est un peu comme ce que
nous avons déjà connu avec le
carburant : les gens paniquent, font des réserves et provoquent
une pénurie»
, David, 45 ans, explique au Figaro être confronté, comme beaucoup d’autres magasins d’alimentation,
à une affluence sans précédent liée à la crainte d’une pénurie de nourriture en
France.
» Coronavirus: des rayons vides dans les supermarchés, mais pas de pénurie à craindre
Son supermarché ayant été pris d’assaut comme tous ceux du reste
du pays, David a dû modifier le fonctionnement de son commerce : «Au début, la centrale d’achat n’était pas
inquiète car il
 y avait de quoi tenir jusqu’à l’été, mais en
l’espace de quelques jours, tous les stocks se sont écoulés. Nous fonctionnons depuis en flux
tendu avec les fournisseurs».
Ces derniers
ont également dû adapter leur chaîne de production : «les marques produisent moins de variétés de pâtes par exemple. Malgré
tout, le moindre couac dans la
chaîne se fait immédiatement ressentir. D’autant
qu’il ne faut pas croire que le virus s’arrête aux portes des entrepôts, épargne les
agriculteurs, les routiers ou les
caissières
», assure-t-il.
La priorité de David reste
les salariés et leur santé : «Nous
avons
 fabriqué des
masques en tissus. Un artisan de la
commune est venu au magasin poser du
Plexiglas au niveau des caisses. C’est très
fatigant, il faut faire attention à tout :
le simple fait de compter un fond de caisse vous oblige à désinfecter minutieusement derrière
vous, même les gommes, les stylos et les ciseaux...  On filtre
à l’entrée du magasin quand il y a trop de monde à l’intérieur. Psychologiquement,
c’est très dur. Vous devez tout le temps réfléchir
comment améliorer le dispositif. Heureusement, on reçoit beaucoup de messages de soutien. 
Les habitants
de la commune nous applaudissent tous les
soirs au même titre que les soignants
». «C’est tous les jours un petit peu plus la guerre. Mon voisin est batteur dans un groupe de black métal. Il n’a aucun emploi du temps à suivre sauf celui que l’inspiration lui donne. Donc il peut très bien jouer à 10 heures du matin comme à minuit. Il n’y a pas d’horaire défini», raconte au Figaro Aurélia, étudiante en lettres modernes. «Travailler à la maison avec un voisin pareil, c’est l’enfer ! Avant, pour pallier ce tapage, j’avais l’habitude de partir très tôt et de rentrer très tard chez moi. Mais avec le confinement, ce n’est plus possible».
 Aurélia a tout essayé. «La gentillesse, la fermeté, la menace et la police. Rien n’y fait. Donc, je me réveille, je travaille, je mange, je lis et je m’endors avec mes boules quies dans les oreilles. Ce n’est pas agréable mais je n’ai pas le choix. J’entends souvent parler de ‘‘cohésion’’ sur les réseaux. J’aimerais que ce mot s’installe dans mon bâtiment. Qu’on puisse tous vivre respectueusement. Peut-être que le prolongement du confinement le permettra à terme ?»
 La jeune femme de 24 ans vit avec son copain dans un appartement de 30 mètres carrés. «Mon seul rapport avec l’extérieur tient à deux fenêtres donnant sur une rue vide. J’aime à me dire que mon travail m’empêche de voir l’étendue du temps qui me reste à tenir entre ces quatre murs. Mais une fois dans le lit, les battements de la batterie m’empêchent de tourner en rond. Vivement la fin du confinement !»Vous y trouverez des témoignages récoltés par nos journalistes ou repérés chez nos confrères. Une étudiante en guerre avec son voisin batteur dans un groupe de black métal, un danseur étoile angoissé par le maintient de sa forme physique, des grands-parents inquiets... nous donnerons la parole aux anonymes qui vivent désormais au rythme de l'épidémie de coronavirus, du témoignage poignant à la petite anecdote, en passant par des instants de vie qui racontent le confinement. Bonne lecture à tous. 

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