Coronavirus: le point sur ce que l’on sait et ce que l’on ignore encore

Publié lundi, 24 février 2020 ‐ Le Figaro

Deux mois après son émergence en Chine, le nouveau coronavirus n’a pas fini de révéler tous ses secrets. De nombreuses questions restent en suspens, notamment concernant son origine et sa capacité à infecter des personnes sans provoquer de symptôme. Mais cette épidémie a provoqué un branle-bas de combat sans précédent dans le monde de la recherche. En deux mois, plus d’un millier d’études ont été publiées sur SARS-CoV-2, le nom donné à ce nouveau virus. Elles sont toutes recensées sur la base de données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Les enseignements qu’elles livrent offrent une photographie instantanée de l’épidémie. Des informations indispensables, mais susceptibles d’évoluer dans les prochains jours.
Sur l’émergence du virus
En décembre 2019, plusieurs hôpitaux de Wuhan, une ville de plus de 11 millions d’habitants située à 800 kilomètres à l’ouest de Shangai, signalent des premiers cas de patients touchés par une pneumonie de cause inconnue. Ce signalement précoce a été possible grâce au système de surveillance mis en place dans les hôpitaux chinois suite à l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2002-2003. Le 31 décembre, la Chine informe l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de ces cas, et le 7 janvier, elle confirme que la maladie est provoquée par un virus encore inconnu à ce jour, après être parvenue à l’isoler dans des échantillons prélevés chez des patients. Le 11 janvier, les chercheurs chinois diffusent la séquence génétique complète du virus.
SARS-CoV-2 appartient à la grande famille des coronavirus. Ces derniers doivent leur nom aux pics qui parsèment leur surface (indispensables pour pénétrer dans les cellules), ce qui leur donne l’air d’être coiffés d’une couronne (corona en latin). En temps normal, la quasi-totalité des coronavirus infecte des animaux ou des oiseaux. Jusqu’à maintenant, seuls 6 d’entre eux étaient connus pour leur capacité à infecter l’homme. Les plus courants sont HCoV-229 et HCoV-OC43, deux virus très répandus pouvant provoquer des rhumes ou des syndromes grippaux bénins. Outre SARS-CoV-2, deux coronavirus peuvent être à l’origine de pathologies respiratoires graves: le virus du MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), qui a émergé en 2012, et celui du SRAS, à l’origine d’une épidémie en 2003.
Sur l’origine du virus
Les tout premiers cas de Covid-19 - nom attribué à la maladie provoquée par ce nouveau coronavirus - concernent majoritairement des personnes qui se sont rendues ou qui travaillaient sur un marché de Wuhan, où étaient vendus des fruits de mer et des animaux vivants. L’hypothèse d’une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise par les animaux, est donc hautement privilégiée, comme ce fut le cas pour le SRAS (transmis à l’homme par la civette) et le MERS (transmis par le dromadaire).
Des analyses génétiques ont effectivement montré que le nouveau coronavirus est très proche d’un virus présent chez une espèce de chauve-souris. Des investigations sont toujours en cours pour tenter d’identifier l’animal qui aurait joué le rôle d’hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme. Il pourrait s’agir du pangolin, un animal largement braconné et très convoité pour ses écailles, auxquelles la médecine traditionnelle chinoise prête des vertus thérapeutiques. Pour l’heure, on ne sait pas comment le virus est parvenu à passer de l’animal à l’homme. Ce saut d’espèce est sans aucun doute la résultante de mutations génétiques et d’une augmentation de la fréquence des contacts entre l’animal infecté et l’homme.
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Sur les symptômes qu’il provoque
Dans la majorité des cas identifiés, le nouveau coronavirus provoque des symptômes proches de ceux d’un syndrome grippal: de la fièvre, de la toux, des maux de gorge, des difficultés respiratoires, des douleurs musculaires et de la fatigue. «Des symptômes digestifs et oculaires (conjonctivite) ont également été observés chez certains cas confirmés», indique l’agence Santé publique France sur son site internet. Tous ces symptômes guérissent spontanément.
Les cas les plus graves peuvent développer une pneumonie sévère, un syndrome de détresse respiratoire aiguë ou encore un choc septique qui peuvent conduire au décès. Certaines personnes sont plus à risque que d’autres: c’est le cas des personnes âgées et de celles souffrant déjà d’une maladie (hypertension, maladies cardiovasculaires, diabètes, maladies hépatiques, troubles respiratoires). D’après une étude chinoise, les plus de 80 ans touchés ont 15% de risque de mourir. Mais il y a aussi eu des cas de personnes jeunes et en bon état de santé qui sont décédées après infection. En revanche, les enfants semblent largement épargnés par l’épidémie.
Il semble qu’un nombre important de personnes développent des formes très légères (rhumes) ou asymptomatiques de la maladie, ce qui rend très difficile (pour ne pas dire impossible) leur identification.
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Sur son niveau de dangerosité
Pour connaître la dangerosité d’un virus, il faut notamment s’intéresser à sa capacité à tuer (taux de mortalité) et à provoquer des cas graves (taux de complications). Des facteurs impossibles à établir en pleine épidémie, surtout quand le virus est un parfait inconnu.
Pour connaître le taux de mortalité de la maladie, il faut disposer du nombre de personnes décédées et du nombre total de malades. Deux éléments qui évoluent d’heure en heure et qui ne pourront être déterminés avec précision qu’une fois l’épidémie terminée. Une étude du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, publiée le 12 février et basée sur l’étude de 72.000 dossiers de malades, a toutefois estimé que la mortalité moyenne se situe autour de 2,3%. Nul doute que ce chiffre est aujourd’hui obsolète, d’autant que le nombre total de personnes infectées pourrait être bien supérieur à celui affiché en raison des cas qui ne présentent aucun symptôme.
«Pour le moment, il n’y a pas suffisamment de données disponibles pour savoir avec certitude quelle est la mortalité de Covid-19, mais des données préliminaires semblent indiquer qu’il est moins fatal que le SRAS», indique le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies sur son site internet. Le taux de mortalité du SRAS, à l’origine d’une épidémie partie de Chine en 2002, a été établi à 10%.
Concernant le taux de complications, l’étude chinoise indique que 80% des malades étudiés n’ont pas eu de symptômes graves et qu’ils ont guéri spontanément. Pour le reste, 14% des cas concernaient des formes sévères (pneumonie, difficultés respiratoires) et près de 5% se sont trouvés dans un état critique, marqué par une insuffisance respiratoire ou rénale, un choc septique ou même un syndrome de défaillance multiviscérale.
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Sur son mode de transmission
Contrairement à ce qui a été dit dans les jours suivants l’apparition des premiers cas, la transmission interhumaine est avérée. L’infection se transmet par des contacts étroits avec un malade, via l’inhalation de gouttelettes émises lors d’éternuements ou de toux, ou après un contact avec des surfaces venant d’être contaminées. Pour le moment, on ne sait pas combien de temps le virus peut survivre sur des surfaces. Il existe également des doutes concernant une éventuelle transmission par voie oro-fécale
Il est possible que les personnes infectées soient contagieuses pendant leur période d’incubation, quand elles n’ont pas encore de symptômes. Or d’après les données disponibles, la période d’incubation se situe autour de 5 ou 6 jours, et dans des cas plus rares, elle serait comprise entre 1 et 14 jours.
Autre source d’inquiétude: les personnes avec des formes très légères voire asymptomatiques pourraient aussi transmettre le virus, sans que l’on ne connaisse leur niveau de contagiosité.
Sur sa contagiosité
Combien de personnes un malade peut-il contaminer? C’est ce que l’on appelle le taux de reproduction. Une dizaine d’équipes de recherche ont déjà tenté de l’estimer. L’une d’elles, publiée le 13 février, a compilé ces données et a trouvé qu’un malade infecte en moyenne 3,28 personnes. Un taux qui, s’il reflète la réalité, n’est en aucun cas définitif. Un chiffre proche de celui du SRAS, et supérieur à celui de la grippe (1,2 à 1,4).
Sur les traitements
Il n’existe pas de médicament spécifique contre ces virus, même si plusieurs antiviraux sont actuellement testés. La prise en charge repose uniquement sur le traitement des symptômes. De même, aucun vaccin n’est disponible. Plusieurs instituts de recherche (dont le laboratoire Pasteur) et laboratoires pharmaceutiques sont lancés dans la course au vaccin. Certains s’appuient sur des recherches déjà réalisées dans le cadre du dévéloppement d’un vaccin contre Ebola ou le SRAS. Les premiers essais sont attendus dans les mois prochains.

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