Blaise Matuidi au Figaro: «La Juventus n’a peur de personne»

Publié lundi, 24 février 2020 ‐ Le Figaro

Jeudi dernier, centre d’entraînement de la Juventus Turin. À peine entré dans la salle d’interview, dont la vue sur les Alpes donne un charme appréciable aux lieux, Blaise Matuidi nous vend les bienfaits de la région après en avoir terminé avec l’entraînement du jour et un déjeuner avalé dans la foulée avec les Ronaldo, Buffon and co. «Ça fait trois semaines qu’on profite de la douceur hivernale, il fait bon vivre ici», souffle le champion du monde, tout sourire. À bientôt 33 ans (il les aura le 9 avril), le milieu de terrain a reçu le Figaro pour évoquer le 8e de finale aller de Ligue des champions contre Lyon (mercredi), ses ambitions, sa prolongation de contrat avec la Juve ou encore ses rêves d’Euro avec les Bleus. L’ancien Parisien a toujours la flamme. Entretien.
LE FIGARO. - La Juventus a-t-elle peur de l’Olympique Lyonnais ?
Blaise MATUIDI. - La Juve n’a peur de personne. On joue pour gagner tous les matches, c’est la règle ici, tout le monde la connaît. Après, ça ne veut pas dire qu’on manque de respect à Lyon. Loin de là. Je les ai souvent vus jouer et s’ils sont en difficulté en L1 (7e), ça reste des joueurs de bon niveau. Il faudra être méfiant.
Quel est le point fort de Lyon selon vous ?
Houssem Aouar est intéressant dans sa faculté à jouer pour les autres et à se montrer décisif en marquant des buts. C’est un joueur prometteur et très talentueux. Devant, avec Dembélé, Terrier et Toko-Ekambi, ils ont de quoi se montrer dangereux aussi. On le sait, mais nous aussi on a des arguments à faire valoir, je crois, enfin j’en suis sûr (sourire).
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A titre personnel, quelle note vous donneriez-vous pour qualifier vos prestations ?
Je n’ai pas envie de me donner une note, mais j’ai connu des hauts et des bas. Je dois travailler pour retrouver mon meilleur niveau et être plus régulier, ça ne passe que par là. Le travail, le travail, le travail. Ça peut paraître bateau de dire ça, mais c’est la vérité. Aujourd’hui je ne me sens pas encore au top de ma forme. Et quand je suis moins bien, mes défauts se voient plus. Je peux m’améliorer dans l’utilisation du ballon, comme toujours, même si je pense avoir franchi un cap à ce niveau depuis que je suis ici.
Vous êtes cette saison en concurrence avec Adrien Rabiot, après l’avoir été à Paris. On va finir par croire qu’il fait exprès d’empiéter sur vos plates-bandes ….
Non pas du tout. Il est là pour aider l’équipe, apporter des solutions et franchir un cap. Il le fait à merveille. C’est un plus d’avoir des joueurs de ce niveau dans le groupe. Quand tu as autant d’objectifs comme la Juve, tu ne peux pas te contenter d’un groupe restreint. D’où la concurrence accrue à tous les postes.
Vous êtes son partenaire et vous louez son état d’esprit, pourtant un décalage existe entre ce qu’il peut refléter en privé et son image brouillée en France. Comment l’analysez-vous ?
Moi je le connais et je le vois tous les jours, donc je pense pouvoir mieux le cerner que ceux qui se contentent de le voir à travers l’écran. C’est un garçon réservé mais ouvert et j’ajouterais qu’il est positif et travailleur.
Quel est votre secret à bientôt 33 ans pour éviter les pépins physiques ? Menez-vous une vie de moine ?
(rires) Je ne mène pas une vie de moine et je touche du bois pour ne pas me blesser. J’ai un peu de chance et je fais attention à mon corps. Que ce soit dans la préparation de mes entraînements, des matches mais je ne néglige pas pour autant l’après qui est tout aussi important. On parle souvent de petits détails, c’est exactement ça. La diététique est importante, je n’ai pas de chef cuistot, mais ma femme cuisine très bien. Elle fait attention à moi. Après j’ai des péchés-mignons comme tout le monde. Quand les petits réclament un Mcdonalds, j’en profite avec eux.
Le fait d’avoir Cristiano Ronaldo dans le vestiaire pousse aussi à l’exigence permanente…
Bien sûr. Lui, c’est le très bon exemple. Dans ses repas, il est très droit, tout est millimétré. Quand tu vois les saisons qu’il réalise depuis tant d’années, il n’y a pas de secret. Ça te pousse à l’excellence, tu veux donner le meilleur de toi-même tout le temps.
Vous êtes en fin de contrat en juin prochain à la Juventus, votre nom a récemment été murmuré à Lyon, quid de votre avenir ?
Je vais rester ici, mon contrat comportait une année supplémentaire en option et le club a décidé de la lever. Je suis très heureux de poursuivre encore une saison de plus ici. Je n’ai jamais eu de doute car j’ai senti la confiance de toutes les parties. C’est sûr que je commence à avoir de l’âge et dans ce choix, je pense aussi à ma famille qui se plaît à Turin.
Une histoire d'envie
Lors de notre dernier entretien l’an passé, vous n’étiez pas certain de jouer jusqu’à quarante ans. Ou fixez-vous vos limites ?
Tant que mon corps répond présent... Après, je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas le même rythme de vie qu’il y a huit ans. Je dois faire des sacrifices pour rester au plus haut niveau. Je fais moins de sorties, j’ai plus de moments de repos. Avec ma femme, on fait attention à tout ça. Je garde intact le goût de la gagne et tant que cela dure, vous me verrez sur un terrain. Quand il n’y aura plus cette ambition, ce sera le moment de dire stop.
Le football reste-t-il un jeu malgré la pression, les attentes et l’argent toujours plus conséquent ?
Oui, j’ai toujours pris le foot comme ça. C’est ma passion et j’en ai fait mon métier, même si je ne considère pas cela comme un travail. Là où j’ai changé, c’est que j’ai appris à vouloir gagner. Toujours, toujours plus. C’est ce qui me maintient sous pression au haut niveau et m’anime au quotidien. Et à la Juve, tu manges, tu dors, tu te réveilles en pensant à la gagne.
Vous vous débrouillez en italien ?
Mes filles, qui sont à l’école internationale, se débrouillent mieux que moi. Après, elles ont l’avantage d’étudier toute la journée, ce qui n’est pas mon cas. Rien que pour mes enfants, je suis heureux de cette aventure car ils seront riches de tout ça. Au niveau culturel, parler plusieurs langues, découvrir un autre univers, c’est génial pour eux et pas donné à tout le monde. Et comme moi sur le terrain, je me régale, je ne regrette vraiment pas mon choix.
Qu’aimez-vous dans la douceur de vivre turinoise ?
Beaucoup de choses. On va souvent dans les parcs se promener en famille et on profite aussi des montagnes. Les enfants vont au ski l’hiver. Au niveau gastronomie, on se régale et je trouve les gens chaleureux et bienveillants. Forcément ça parle football, ce sont des passionnés, mais la qualité de vie est belle ici.
Qu’est-ce qui vous manque le plus de la France ?
Les petits-déjeuners. C’est incomparable. En France on a une longueur d’avance avec les croissants et les pains au chocolat, ça me manque. Mais on survit et ça me permet de me cadrer face à la tentation.
Suivez-vous l’actualité de votre pays et notamment les récents évènements avec les gilets jaunes, les grèves suite au régime des retraites ?
Oui je suis tout ça via la télévision française qu’on regarde à la maison. Je m’y intéresse, après quand on ne le vit pas de l’intérieur, notre regard est forcément différent et c’est plus difficile à assimiler. J’en discute avec mes proches en France, on aimerait qu’il y ait des jours meilleurs, c’est comme ça.
Concernant les Bleus, le doublé Coupe du monde-Euro, comme en 1998-2000, est-il déjà dans votre tête ?
On y va avec une énorme ambition. Ce serait magique, même si ce qu’on a fait est déjà pas mal (sourire). Quand on a goûté au succès, c’est difficile de s’en lasser. L’équipe de France est le fil rouge de ma carrière, porter ce maillot est une fierté, tu représentes ton pays… J’espère que je serai au top et performant cet été.
Ce sera le clap de fin de votre carrière internationale ?
J’avais dit avant le Mondial en Russie que ce serait ma dernière compétition et je suis encore là (sourire). Je vais vivre le moment présent et après l’Euro on fera le point. On en reparlera.

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